On entend souvent dire que nos campagnes se meurent, et non sans raison. Pourtant, la ruralité pourrait porter le germe d’une renaissance. Non sans quelques contradictions, les politiques publiques nationales peinent à dépasser l’inertie et les divergences. Pendant ce temps, les ingérences étrangères sévissent et notre souveraineté se fragilise. Ce constat est d’autant plus manifeste sur notre souveraineté numérique. Les collectivités doivent reprendre la main sur leurs espaces démocratiques numériques.
La ruralité est le territoire naturel de la cohésion. Faire société dans un village de 500 habitants est le premier chantier d’une nation qui en compte 70 millions. Citoyens, élus, agents, associations, entreprises, ont tout à gagner à se rencontrer. Le numérique doit renforcer les relations humaines plutôt que s’y substituer, en y apportant autonomie, éthique et sécurité. Le numérique n’est pas une fin en soi, mais le point de départ de relations in vivo et in situ, incarnées et ancrées dans les territoires.
La dynamique des territoires est trop précieuse pour dépendre d’une ambition présidentielle ou d’une directive européenne. Les territoires ruraux ne sont pas les marges de la République. Ils en sont le laboratoire, où proximité, solidarité et confiance demeurent possibles. Préserver la ruralité ne signifie pas l’enclaver. La souveraineté nationale commence par celle de nos communes et villages. Les collectivités disposent des moyens d’agir. Il est temps de surinvestir la ruralité pour recréer un équilibre à toutes les échelles de nos territoires.
Samuel LE PORT, Président de Treebal