Ruralitic - Le smart village
26 & 27 août, Château de Vixouze, Polminhac, Cantal, Auvergne

Najat Vallaud-Belkacem à RURALITIC, le discours
23 mars 2017

Retrouvez ici le discours prononcé par la ministre en clôture de Ruralitic, l’université d’été du numérique dans le monde rural, au château de Vixouze, dans le Cantal.

Monsieur le Préfet,
Madame la Rectrice, chère Marie-Danièle Campion,
Monsieur le Député, cher Alain Calmette,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Monsieur le maire,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le Président de Ruralitic,
Madame la présidente de l’ANAé,
Monsieur le Directeur général de Canopé, cher Jean-Marc,
Monsieur Pilicier, que je tiens à remercier de nous accueillir dans ce cadre magnifique,
Mesdames et Messieurs les entrepreneurs du numérique et partenaires de Ruralitic,

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

C’est pour moi, un grand plaisir d’être parmi vous aujourd’hui, et je tiens à vous remercier de votre invitation.

Alors, évidemment, on pourrait s’étonner. Après tout, je suis la première ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, à participer à ce salon Ruralitic.

Je tenais à être ici parmi vous, pour une raison simple : l’École n’est pas une idée. Ce n’est pas un concept.

Si je prononce, ce mot, école, vous n’allez pas penser à l’Ecole en général : dans votre esprit se forme généralement l’image d’une école en particulier, celle de votre village, de votre commune, celle où vous avez-vous-même passé votre enfance, celle que fréquente vos enfants, celle, enfin, que vous avez pu avoir le plaisir de construire et d’inaugurer.

L’École, c’est un lieu. Un lieu spécifique, qui s’ancre dans ces territoires divers qui font la richesse de la France.

Le singulier ne doit pas nous leurrer : l’École, c’est avant tout une multitude d’établissements scolaires, avec leur diversité et leur spécificité.

Si j’insiste sur ce point, c’est qu’une même prudence vis-à-vis du singulier est nécessaire quand on parle de la ruralité. La ruralité n’existe pas. Ce qui existe, ce sont des territoires ruraux. Vos territoires.

A trop parler de la Ruralité, avec une majuscule, le risque est grand d’occulter leurs spécificité et leur diversité. Alors, oui, bien sûr, vous avez des caractéristiques et des problématiques communes. C’est ce qui fait la richesse des échanges qui se tiennent, depuis 11 ans déjà, dans le cadre de Ruralitic. Des échanges où l’École a toujours constitué un thème important. Mais pour être ruraux, vos territoires n’en sont pas moins singuliers. Il est donc essentiel, d’avoir, de la ruralité, une approche différenciée, pour ne pas, en méconnaissant le terrain, risquer d’aggraver les problèmes que l’on s’efforce de résoudre.

Si je suis attachée, évidemment, à la dimension nationale de mon ministère, je suis tout aussi soucieuse de ne jamais méconnaître les réalités de vos territoires, de ces lieux où l’École se vit au quotidien. Voici pourquoi je suis présente, aujourd’hui, à vos côtés.

Dans cette prise en compte de votre diversité et de vos singularités, nous avons aujourd’hui un atout considérable : cet atout, c’est le numérique.

Alors, à première vue, cela peut surprendre.

Quand on parle de numérique, d’internet, on pense immédiatement globalisation, uniformisation, internationalisation. On pense à ce cyberespace qui abolit les frontières, les rend caduques.

La réalité est pourtant différente. La réalité, c’est que c’est avant tout, dans les territoires, dans leur diversité, dans leur singularité, que se forge et que se joue le numérique.

Le numérique suscite, souvent, des réactions épidermiques : c’est une adhésion parfois déraisonnable, ou une opposition forcenée et tout aussi absurde.

Alors, quand en plus vous liez le numérique à un autre sujet qui suscite des débats enflammés, l’École, forcément, il est difficile d’aborder cette question avec la sérénité nécessaire pour un débat et un échange raisonné.

Le numérique, pas plus que l’École, n’est une abstraction qui flotterait dans le ciel des idées. Le numérique, c’est avant tout des usages, des utilisations, des opportunités. Le numérique, c’est avant tout ce que nous en faisons, ce que vous en faites, concrètement ! C’est un outil !

Et de la même façon qu’un marteau peut tout aussi bien contribuer à une agression qu’à la construction d’une maison, le numérique peut être bien ou mal employé, mais il n’est ni bon ni mauvais en soi.

Ici intervient l’adjectif que vous avez mis à l’honneur cette année dans le thème de votre salon : l’adjectif « smart », en anglais, dont la traduction en français révèle une ambiguïté intéressante.

Smart, ce peut être ce qui est à la mode, élégant.

Smart, ce peut aussi être intelligent, astucieux.

Le grand danger, serait de ne voir et de n’agir pour le numérique qu’en suivant une mode.

Cependant à Ruralitic, c’est bien l’intelligence que vous mettez à l’honneur, et non pas la mode passagère ! La table ronde qui vient de s’achever, les ateliers et les conférences qui se sont tenues, en sont la preuve.

Je voudrais, si vous me le permettez, revenir un instant sur cette dernière table ronde.

La première chose qui m’a frappée, c’est que nous avons entendu ici des acteurs convaincus, engagés, pour qui le numérique n’est pas un désastre comme on peut le lire, mais un engagement construit et réfléchi – smart, donc – en articulation constante avec les pratiques pédagogiques et les besoins des enseignants. Les actions de l’ANAé et d’EDUCAVOX sont  à cet égard des relais indispensables pour accompagner cette transformation.

Autre relais indispensable, et, je dirais même, pilier essentiel pour nos enseignants – et je sais que dans cette terre de rugby, au-delà de la référence architecturale, vous savez l’importance du pilier ­– pilier essentiel, donc, pour nos enseignants, notre opérateur CANOPE.

En leur proposant des outils et des ressources, il les accompagne dans cette transformation numérique qui est aussi celle du ministère. L’évolution de CANOPE ces dernières années, et je salue son directeur Jean-Marc Merriaux,  témoigne d’ailleurs elle aussi de cette transformation numérique.

La transformation numérique passe aussi par des entreprises innovantes comme BENEYLU, dont nous venons d’entendre le fondateur, Benjamin Viaud.

C’est la qualité d’un environnement numérique de travail (ENT), dès l’école primaire, qui va fédérer la communauté éducative. Et puisque l’on parle beaucoup, ces derniers temps, du produire en France, eh bien, dans une compétition mondiale, dans un marché dynamique, nous avons, je n’hésite pas à le dire, besoin des qualités et de l’innovation d’un ENT comme celui de BENEYLU, qui a fait ses preuves dans 27 000 classes d’école primaire avec un modèle économique original.

On ne mène pas un plan numérique sans l’expertise et la qualité de nombreuses entreprises. Je crois en la nécessaire synergie, en la mobilisation collective, et, finalement, mais c’est assez logique, en la force du réseau, pour faire avancer les choses.

Vous avez d’ailleurs, monsieur le président du conseil départemental, souligné très justement que le numérique était aussi un projet territorial.

J’ai été frappée par la façon dont chacune et chacun d’entre vous a su s’emparer du numérique, dans son territoire, en évitant les pièges qu’un tel sujet convoque invariablement.

Le premier piège, c’est de l’envisager de façon abstraite, hors sol. Vous avez évité de le faire, en prenant soin de vous engager dans une démarche collective, cohérente, en associant aussi bien les opérateurs que les collectivités et les habitants.

Le second piège, c’est de ne voir dans le numérique que l’aspect matériel. De le réduire à des tablettes, à des ordinateurs, à des serveurs. C’est, évidemment, une question importante, sur laquelle je reviendrai. Mais il serait dangereux de réduire la numérique à la question de l’équipement.

Ces pièges, l’École, par le passé, n’avait pas forcément su les éviter.

Ce n’est pas d’hier que date l’intérêt de l’École pour les ordinateurs, l’informatique et le numérique. Très rapidement, dès les années 1980, on sent bien que quelque chose se joue, et qu’il faut trouver, à cette révolution, une place au sein de nos écoles. Seulement on s’est trop souvent focalisé sur le matériel, en oubliant aussi bien les enseignants, la pédagogie, que l’élève.

Pourtant, aujourd’hui encore plus qu’hier, il est important de donner au numérique éducatif, la place qui lui revient.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’École prépare nos enfants au monde dans lequel ils vont vivre. Une École qui ne tient pas compte du numérique, c’est une École qui ne tient pas compte de la réalité présente, et qui s’aveugle sur la situation.

Alors, je sais, généralement, quel est l’argument qui surgit à ce moment-là : oui, mais tous les jeunes savent s’en servir ! Ce sont des digital natives !

Bien sûr, nos élèves, comme nous-mêmes, utilisent des tablettes, des ordinateurs, des smartphones. Ils utilisent internet. Pour autant, ils n’en ont pas une maîtrise véritable. Combien d’utilisateurs de Google savent réellement comment cela fonctionne ? Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Il y a là des enjeux cognitifs, des enjeux de citoyenneté, de liberté et d’autonomie. Avec le numérique, notre façon d’appréhender le monde, de communiquer, d’échanger, ou de nous procurer des informations évolue.

Le risque est immense, si l’École ne prend pas la part qui est la sienne, de voir le numérique ne plus être une chance ou un outil, mais d’être une fascination addictive, et une soumission.

Oui, le numérique a sa place à l’École, à la fois en tant que domaine à connaître – c’est le sens de l’Éducation aux Médias et à l’Information ou de l’apprentissage du code – mais aussi en tant qu’outil au service des enseignants et des élèves.

C’est pour cette raison que le plan numérique entré en vigueur en cette rentrée, s’appuie d’abord sur la formation des enseignants et sur la production de ressources adaptées, pour que le numérique ait du sens à l’école, et que l’on ne se contente pas de brancher un ordinateur ou de distribuer une tablette en s’écriant, « hourra, vive le numérique à l’école ! »

D’ailleurs, si nous avons lancé un premier mouvement, une montée en puissance avec le plan numérique en cette rentrée 2016, je veux insister sur un point : notre ambition est que le numérique éducatif concerne tous les territoires !

Pour ce faire, nous mettons en place avec les élus et les équipes pédagogiques une méthode efficace de travail : toujours penser et construire les projets au niveau d’un territoire.

Il aurait été d’ailleurs absurde de procéder autrement, quand on voit les responsabilités des collectivités et leurs investissements dans ce domaine !

Construire avec les territoires, c’est aussi s’appuyer sur des territoires numériques d’éducation : c’est articuler l’école primaire et le collège, ce qui correspond  à la logique d’une scolarité par cycle, avec un cycle 3 qui réunit les deux dernières années de primaire avec la classe de 6ème ; c’est s’appuyer sur une mise en cohérence de ces politiques au niveau régional.

C’est ce que j’ai vu en Occitanie la semaine dernière à l’occasion de la signature de la première convention cadre entre le conseil régional et les deux académies de la région.

C’est aussi ce qui se joue, ici, dans l’académie de Clermont-Ferrand. Je veux en particulier souligner la qualité du projet ÉER, Ecole Eloignée en Réseau. 

Une ÉER, c’est une petite école rurale, isolée, dans laquelle le numérique est mis au service d’un travail collectif avec une autre classe, par visio-conférence ou forum électronique. D’ailleurs, ce travail peut aussi se faire avec plusieurs classes, contribuer aussi à mettre en relation les élèves avec les communautés locales, les régions, les pays et le reste du monde.

Ce projet, accompagné par Eric Bruillard de l’ENS Cachan et co-construit avec Grégoire Cochetel de l’ESPE Clermont-Auvergne, permet ainsi d’enrichir l’environnement d’apprentissage d’une école. Mis en œuvre depuis septembre 2015 dans cette académie,  il repose sur l’engagement volontaire des participants et je crois savoir que de plus en plus d’équipes pédagogiques se montrent intéressées par ce dispositif.

Et ce n’est ici qu’un exemple de ce que peut le numérique à l’école !

L’importance de l’enjeu, explique que l’État, dans ce plan numérique, accompagne les territoires. 

Il apporte un cofinancement de 50% sur les équipements numérique, qui monte à 100% pour les équipements des enseignants, et participe à mise en œuvre de la formation de nos enseignants et à l’acquisition de ressources numériques, gratuites pour 3 ans, couvrant l’ensemble des programmes du cycle 3 et 4 (du CM1 à la 3eme).

Vous retrouvez ici, sans surprise, les 3 dimensions sans lesquels le numérique n’aurait tout simplement pas de sens : formation des enseignants ; mise à disposition de ressources numériques adaptées ; et enfin, l’équipement.

Le plan numérique, c’est la démocratisation des usages numériques à l’École, dès cette année, parce que 1700 collèges, dans la quasi-totalité des départements de France, et 1800 écoles rejoignent ce plan dans sa première année.

Ces usages doivent permettre de replacer les enjeux pédagogiques au cœur du métier de l’enseignant et rapprocher l’ensemble de la communauté éducative : c’est bien pour cela que la loi parle du service public du numérique éducatif. C’est pour cette raison c’est une compétence partagée.

Vous, mesdames et messieurs les élus, vous investissez dans les services numériques depuis plus d’une dizaine d’année. C’est votre expérience qui a permis de mettre ce sujet sur le devant de la scène ! Non pas comme un gadget ou une chose à la mode,  mais bien comme une réponse essentielle pour faire entrer la société numérique à l’École !

Pour que cette société, dans laquelle nos enfants vivent déjà, nos élèves en acquièrent une maîtrise forgée sur des connaissances et des compétences qui les aideront tout au long de leur vie !

Alors, j’insiste sur la formation, sur la pédagogie. Mais je vous rassure : je n’oublie pas l’importance pour vous, élus réunis ici à Ruralitic, des sujets d’infrastructure. 

C’est un point particulièrement sensible dans les territoires ruraux : j’ai pu voir à de nombreuses reprises combien le dynamisme des stratégies numériques était le gage d’un développement économique et d’une attractivité des territoires.

C’est particulièrement vrai ici dans ce département du Cantal, au sein de cette ancienne région d’Auvergne, mais c’est vrai également de départements qui ont fait du numérique une priorité de leur agenda.

Ceux-ci se sont engagés avec force et ambition dans le plan numérique, mais il ne faut pas s’aveugler : sans un débit internet suffisant dans l’établissement, sans des infrastructures wifi de qualité, on ne peut pas investir dans des équipements qui risqueraient, faute de réseau, de ne pas être bien utilisés, et ils généreraient, pour nos élèves, davantage de frustration que de bénéfices.

Nous avons tous connu ces moments où votre vidéo met du temps à s’afficher, et où apparaît cette petite icône de chargement : c’est un désagrément passager. Mais essayez de penser à ce que cela implique quand vous êtes dans une salle de classe, devant vos élèves !

Voilà pourquoi, le 20 mai dernier, lors du comité interministériel aux ruralités – au pluriel, donc – j’ai pu annoncer un financement exceptionnel de 50 millions d’euros.

L’objectif de ces 50 millions ? Donner un nouveau souffle au programme « Écoles connectées ».

Nous passons donc, pour le numérique dans les écoles rurales, de 5 millions à 50 millions, soit une enveloppe multipliée par 10 !

Nous soutenons ainsi le développement des infrastructures –  montée en débit, mise en place d’un réseau Wi-Fi performant, mise en réseau des écoles et du collège par un ENT – et nous soutenons aussi l’acquisition d’un tableau blanc interactif.

Dans ce programme, chaque école rurale rattachée à un collège numérique pourra bénéficier du financement de la moitié des équipements destinés aux élèves – avec un maximum de 3 classes mobiles de tablettes ou d’ultra-portables.

L’État, comme je l’ai dit, financera intégralement les ressources numériques pour ces écoles.

Cela, c’est ce que nous avons fait. Maintenant, aujourd’hui, devant vous, je souhaite aller encore plus loin.

Les infrastructures numériques sont essentielles. Elles font partie du numérique éducatif : j’ai donc souhaité proposer une modalité particulière nouvelle pour les départements ruraux.

Dès la publication du futur appel à projet « collèges numériques et innovation pédagogique » en octobre prochain, une aide nouvelle d’un montant total de 25 millions d’euros viendra appuyer les conseils départementaux qui engagent des travaux d’infrastructure dans les collèges. Cette aide, pourra représenter 50% du montant total de ces travaux, et sera plafonnée à 25 000 euros par collège.

Pour finaliser ce dispositif et ses critères d’éligibilité – comme la bonne définition du caractère rural par exemple, ou encore le niveau d’engagement du département sur une proportion significative de ses collèges – pour cela, j’ai tenu à ce que nous travaillons avec l’association des départements de France. Nous nous assurons ainsi que cette mesure réponde aux besoins de nos territoires ruraux, pour qu’elle rencontre le succès qu’elle mérite.

Je suis persuadée que ces dispositifs  nous permettront d’atteindre l’objectif fixé de 50% de nos collèges à la rentrée 2017/2018.

Se méfier du singulier. Éviter les pièges. Rester toujours dans une logique territoriale sans oublier la nécessité d’une cohérence d’ensemble. Voici comment se mène une politique à la fois ambitieuse et pérenne.

Cela vaut pour le numérique. Cela vaut aussi pour l’Ecole dans son ensemble. C’est d’ailleurs ce souci de tenir compte de la spécificité de nos territoires ruraux qui se retrouve dans les conventions ruralités.

Le Cantal a ouvert la voie. Et, depuis, les conventions ruralité ont rencontré un véritable succès.

Pourquoi ? Parce que les élus locaux y voient, comme nous, la possibilité enfin donnée aux territoires de préparer sereinement l’avenir de leur école. Jusqu’alors, un couperet menaçait les départements ruraux en perte d’effectifs. On ne vous laissait d’autre choix que de fermer des écoles.

Désormais, grâce à ce travail partenarial, les réorganisations se font après un diagnostic commun, après un dialogue et avec une vision partagée. Elles s’accompagnent d’efforts  inédits de la part de l’éducation nationale, avec le maintien en tout ou partie des postes.

À ce jour, 22 conventions ruralité ont été signées et dans 30 autres départements, le travail est engagé avec les élus. En Auvergne, la Haute-Loire et l’Allier ont conclu une telle convention. La réflexion est également en cours dans le Puy-de-Dôme.

Ce qui fonde cette démarche, c’est celle d’un partenariat de confiance, et durable. C’est une démarche où les élus comme l’Éducation nationale et la préfecture s’engagent.

Cet engagement se fait dans le cadre de l’élaboration de la convention ruralité au travers du diagnostic partagé, construit avec l’INSEE. Et pour faciliter ces diagnostics partagés, j’ai signé une convention avec l’INSEE le 5 septembre qui permettra d’accompagner les départements qui s’engagent avec nous.

Cet engagement se fait aussi dans le cadre du comité de pilotage où l’on discute des points acquis et des obstacles qui restent à franchir.

Surtout, ce partenariat s’inscrit dans un temps pérenne. Un temps long. C’est pour cela qu’il était important pour moi de participer aux travaux conduisant à la mise en place de l’avenant à cette convention.

Je tiens donc à saluer le travail des élus locaux, de l’association des maires et des équipes éducatives dans le Cantal.

Parce que s’engager dans une démarche de convention ruralité, c’est d’abord et avant tout s’engager au service d’une école rurale de qualité.

Quel est le but de cette convention ? Renforcer la qualité de l’offre et de l’organisation scolaires.

Elle est l’occasion de travailler ensemble sur les dispositifs pédagogiques portés par la Refondation de l’école, pour offrir aux élèves scolarisés des conditions d’accueil et d’enseignement de qualité.

Elle est l’occasion d’un travail sur les conditions de développement des dispositifs « plus de maîtres que de classes » et de l’ « accueil des moins de trois ans », un point sur lequel je salue la qualité du travail conduit dans cette académie.

Trop souvent, mesdames et messieurs, les territoires ruraux ont le droit à des éloges, souvent sincères, mais auxquels font cruellement défaut des actions concrètes, sur le terrain. 

Je sais pourtant que vous avez avant tout besoin d’actes, et non de paroles.

La réalité de ces conventions, c’est, dans le département du Cantal, malgré la baisse du nombre d’élèves, 21 postes qui ont été préservés.

C’est l’académie de Clermont qui bénéficie d’une dotation de 15 emplois alors que sans ça, la dotation aurait baissé, avec 546 élèves de moins.

Voilà, encore une fois, des actes. Et c’est bien parce que j’ai agi, et que je suis décidée à continuer à le faire, que je peux venir, ici, devant vous, avec vous, pour saluer le travail que vous conduisez ; pour vous dire, aussi, mon attachement à la diversité de nos territoires ; pour témoigner, par ma présence, de mon attachement à voir, en France, des territoires ruraux, dynamiques et engagés, comme les vôtres.

Mais, à toutes les raisons de ma présence ici, je veux en ajouter une dernière, non la moindre.

Vous m’avez, mesdames et messieurs, fait le plaisir et l’honneur de m’inviter.

Eh bien c’était un honneur et un plaisir de venir aujourd’hui à Ruralitic, pour assister à ces échanges intéressants, passionnants et passionnés, et, pour tout dire, « smart ».

Je vous remercie.

 

Najat Vallaud-Belkacem,
Ministre de l’Éducation nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche



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